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Quelle que soit l’espèce, les fourmis sont de êtres vivants passionnants à observer. On sait, par exemple, qu’elles font partie des rares êtres vivants en capacité de se coordonner pour porter un même objet. Parmi les nombreux comportements fascinant que l’on peut observer chez ces insectes, on trouve l’organisation très spécifique des fourmis tisserandes.

Les fourmis tisserandes, c’est quoi ?

Les fourmis tisserandes sont des espèces de fourmis exotiques qui élaborent leurs habitats dans les arbres, mais contrairement aux espèce lignicole, qui creuse le bois, ces fourmis « tissent » entre elles les feuilles de la plante dans laquelle elle s’installent.

Les nymphes ont développé des capacités pour utiliser la soie qui servait originellement à constituer leur cocon pour effectuer du fil à soie. C’est une évolution génétique qui a permis à ce genre de modifier leur habitat naturel. Certaines ouvrières attrapent les nymphes avec leurs mandibules et tissent des liens entre deux feuilles.

Mais, bien entendu, les feuilles choisies ne sont pas naturellement assez proches les unes de autres pour être reliée par ce système : d’autres ouvrières ont donc pour rôle de rapprocher les feuilles et, pour ce faire, elles effectuent une action particulièrement remarquable. En effet, ces ouvrières ont la capacité de s’accrocher à deux feuilles en même temps, formant ainsi un pont entre les deux, pour diminuer la distance entre elles. De nombreuses ouvrières se mettent ensemble à rapprocher deux feuilles entre elles tandis qu’une autre utilise une nymphe pour tisser les feuilles. Elles peuvent également replier une feuille sur elle-même et coudre les deux extrémités de la feuille pour les besoins architecturaux.

La colonie comme une un seul et même esprit pensant.

Nous l’avons déjà évoqué, une colonie de fourmis correspond plus à un seul individu qu’à des milliers d’individus mis en société. Les recherches ont montré qu’une seule fourmi possèdent un nombre très limité de neurone (environ 100 000), avec un nombre faible de connexions possibles entre eux. Par conséquent, une fourmi n’a très probablement pas conscience de la société dans laquelle elle évolue. Mais alors, comment, ensemble, réussissent-elles à fabriquer ces « monuments » d’architecture si complexe ?

La réponse est assez complexe à envisager, car notre fonctionnement d’humain est tout à fait différent. La communication entre ces différentes entités que sont chacune des fourmis crée une forme de connexion entre leurs différents cerveaux et la construction ne dépend plus d’un individu mais du nombre complet. Pas besoin de maître d’œuvre, aucun membre de la colonie ne donne les ordres pour organiser la construction, elle se fait d’elle-même sans qu’aucun des acteurs ne se rendent compte de l’immensité du projet auquel il participe. En comparaison, aucun de nos neurones ne comprend nos actions mais c’est grâce à eux que nous pouvons les faire.

Encore plus incroyable, certains professionnels ont même observé que la colonie est capable de quitter et de défaire son nid afin de préserver la plante qui les accueille. Lorsque celle-ci commence à s’abimer, la colonie déménage, ainsi la plante ne meure pas et peut se renouveler. Et pourtant aucune fourmi n’a la possibilité d’avoir conscience de l’importance de préserver les ressources, cela veut dire que, encore une fois, c’est la colonie qui interprète ce problème et qui met en place des solutions.

Les chercheurs s’intéressent énormément à l’ensemble de ces fonctionnements. D’une part ils cherchent à comprendre comment des milliers d’individus au capacités simples et limitées arrivent à se mettre en commun pour produire des actions complexes et réfléchie. L’objectif est d’utiliser ce schéma dans différentes sciences et technologie pour utiliser ce modèle de réussite. D’autre part, certains s’intéressent à la compréhension de ces animaux de ce qu’on appelle la « durabilité », le fait d’optimiser les ressources pour vivre en accord avec elles le plus longtemps possible, afin de s’en inspirer dans les comportements humains.